Ezequiel Rivero

A propos

Très tôt dans sa carrière de photographe professionnel, Ezequiel Rivero fait son entrée dans l’univers du surf. Son travail a été présenté dans de nombreux magazines internationaux et a contribué à façonner l’identité de nombreuses marques associées. Il vit, surf et exerce son talent photographique dans les vagues de Santa Teresa au Costa Rica.

Les mots de l’auteur

Aussi loin que je me souvienne, l’océan a toujours été une énorme force motrice dans ma vie. Quand j’ai essayé le surf pour la première fois, j’ai compris que mon avenir devait se construire autour de ça et que je ne pourrai plus m’éloigner de l’océan trop longtemps. Heureusement, aujourd’hui, j’ai la possibilité de partager mon travail avec ceux qui, comme moi, ont besoin de vagues et de surf dans leur existence, ce mouvement si merveilleux et la joie qu’il nous apporte.

Interview express

Wilder Wall : La photo de surf, c’est un art, le prolongement d’une passion, une bonne raison pour être à l’eau avec des amis surfeurs ? Ezequiel Rivero : C’est tout ce que tu viens de mentionner ! C’est excitant, c’est amusant et stimulant. Ça peut être effrayant aussi. Il y a vraiment tout. D’après mon expérience, peu de choses sont aussi agréables que de nager sous une grosse vague déferlante et de ressortir intactes de l’autre côté. Là-bas, au milieu de l’océan, seul avec seulement une paire de palmes aux pieds et un appareil photo à la main, tu vis une expérience vraiment spéciale. Et ça te rappelle également combien tu es petit lorsque la nature décide de te donner un petit aperçu de sa force. Une très bonne chose ! Wilder Wall : Qu’est-ce qui t’as amené à la photo de surf ? Ezequiel : Il y a environ 4 ans, j’étais en trip surf au Maroc, à Anchor Point et ce gars est venu me voir avec un appareil photo pour me demander si je pouvais prendre des photos de lui et de son ami surfant. J’ai dit oui et ce fut mon premier travail rémunéré pour photographier des surfeurs. Je m’étais toujours demandé si ça pouvait vraiment valoir la peine de faire ça. J’ai alors décidé d’investir dans du matériel pour faire de la photo aquatique et je me suis jeté à l’eau. Après ça, il m’a fallu une autre année pour réaliser que je ne pouvais pas être loin de la plage et rater les meilleurs moments, alors j’ai acheté ma maison face à l’Océan Pacifique, à Santa Teresa. Wilder Wall : Comment définirais-tu ton style photographique ? Ezequiel : Je préfère les images plus rugueuses, légèrement floues, pour créer une sensation de fluidité et de naturel. Par ailleurs je cherche à reproduire les tonalités qu’un appareil photo analogique vous donnerait, ainsi que tous ses «défauts». Je trouve cela plus intéressant que ce que certains appellent de « vraies » photos. C’est donc là que j’essaie d’aller pour exprimer mon style. Et d’ailleurs beaucoup de gens qui shoot encore avec des appareils analogiques me demandent régulièrement quel film j’utilise et veulent en savoir plus sur ma technique de travail... je prends ça comme un compliment ! Wilder Wall : Quelle est la difficulté pour réaliser une bonne photo de surf ? Il y a souvent un vrai engagement physique et technique de la part du photographe non ? Ezequiel : Oui. De nombreux facteurs éléments doivent être réunis pour une bonne photo aquatique de surf. Le plus important à mon avis est «l’humeur» de l’océan. Une fois que tu es dans la vague, cela dépend de tes capacités physiques, de ta vision créative et bien sûr, du surfeur ! Mais si l’océan n’est pas de ton côté, cela peut devenir dangereux. Tu ne peux pas le sous-estimer. Les choses peuvent changer très rapidement et si tu ne fais pas attention, tu peux te retrouver pris au mauvais endroit où les accidents se produisent. Mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles la photographie aquatique de surf est si exceptionnelle pour moi. Elle vous demande d’être pleinement présent, lucide, engagé à 100 %. En faisant cela, vous êtes récompensé de tellement de façons, bien au-delà de la photo. Wilder Wall : Quels sont tes spots préférés pour faire tes photos ? Ezequiel : Idéalement pour moi, ce serait sur un Point Break, puisque tu n’as pas à te soucier des surfeurs qui viennent de toutes les directions. La vague et le surfeur viennent vers toi de la même direction, c’est comme une rue à sens unique. Je shoot 90% du temps sur des beach breaks, et ça peut vraiment être dangereux. J’ai eu plus de dérives dans le dos que je ne le voudrais, et aussi quelques contacts très rapprochés entre ma tête et les longboards de débutants. Wilder Wall : Et pour surfer ? Ezequiel : C’est secret ! Ahaha ! Mais pareil, Point Breaks. Nous n’en avons que quelques-uns ici, mais ils ont besoin d’un gros swell pour être bons. Donc, comme la majorité de la région est un beach break et que c’est à 5 minutes à pied de l’océan, je prends ce qui nous est offert ! Wilder Wall : Ton instant photo préféré ? Une anecdote ? Une shooting un peu dingue ? Ezequiel : J’étais sur un shooting avec un client dans l’eau, et alors que nous terminions, j’ai vu cette femme surfer loin de là où j’étais. C’était la première femme que je voyais surfer aussi bien un longboard. J’étais époustouflé par son style. Alors je nage jusqu’à être assez près et je lui demande si elle aimerait faire des photos. Elle a accepté et nous avons décidé d’aller sur une autre plage qui fonctionnerait à marée basse. En chemin, j’ai perdu mes bouchons d’oreille, qui sont une nécessité absolue pour moi. Puis une fois dans les vagues, les commandes de mon boîtier aquatique se sont cassées, laissant mon appareil photo bloqué avec une vitesse d’obturation très lente sous le soleil éclatant de la mi-journée (Pas bon). Alors que j’essayais de réparer, j’ai été pris dans une forte marée et comme j’avais déjà été dans l’eau plus de 2 heures avant ça, épuisé j’avais beaucoup de mal lutter pour ne pas finir sur les rochers. Après plus de 15 minutes à me battre contre le courant et les crampes, j’ai enfin atteint le pic où elle était. J’étais sur le point de lui dire que je sortais de l’eau, trop fatigué et là je la vois prendre cette vague. À ce moment-là, j’ai tout oublié, mon épuisement, ma frustration et mes douleurs, et j’ai shooté pendant une heure de plus. Ça a donné mes plus belles photos de longboard jusqu’à maintenant. Cette séance m’a beaucoup appris. Comme l’a dit Bob Ross, «Heureux petits accidents». Wilder Wall : Un dernier conseil pour améliorer notre relation à l’environnement, à la nature ? Ezequiel : La plupart d’entre nous passons la majorité de notre vie loin de la nature. Si nous ne savons pas ce qui nous est offert comment pouvons-nous vraiment craindre de le perdre ? Peu d’entre nous voient d’eux-mêmes le côté sombre de nos choix et leurs conséquences. J’encourage tout le monde à voyager davantage, à passer plus de temps dans la nature, à la fois dans des endroits touristiques et plus isolés. Voyez le contraste, voyez-le par vous-même ! Espérons qu’alors nous puissions vraiment réaliser qu’il n’en faut pas tant pour faire différemment, protéger la planète et les autres créatures vivantes avec lesquelles nous partageons ce monde.

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